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2 mai 2012

  : Ajouté le 2/5/2012 à 14:04

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Magali. Depuis quelque temps il fait froid et humide, le muguet n'a pas pu atteindre sa taille réglementaire, hier, 1er mai.

                       Muguet

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, il y a cinq ans tu étais là. Ça avait été une tellement belle journée. Les regrets ne servent à rien ce qui est important c'est que ça ait existé.

Les myosotis avaient disparu de nos parterres et semblaient ne plus vouloir repousser cette année. Nous en avons racheté et replanté. Finalement, tout au long des bords de ces parterres-là, des myosotis ont spontanément poussé, effrontément, dans la pelouse. Besoin de liberté ?

 

Echappée belle

solitaire

Je n'ai pas besoin de ce symbole pour ne pas t'oublier, mais ces si merveilleux, ces petites fleurs dont le bleucontraste si fort avec le vert de la pelouse (pas tondue, temps pluvieux oblige).

Je ne me sens pas toujours assez forte,  j'ai besoin de symboles, j’ai besoin de signes, j'ai besoin de tant de preuves d'amour. Je ne suis pas si sûre d'avoir avancé tant que cela. Il est de toute façon impossible de faire un deuil définitif de son propre enfant né de ses entrailles. Pour toujours tu m'accompagneras le long de ma route quels qu'en soient les bons et les mauvais moments.

Mais aujourd'hui c'est le jour deMagali, Je pense à ta première visite à l'hôpital après sa naissance, ton sourire coquin de grand frère, croquant une grosse pomme et testant ton premier gros mot. Tu es resté tout sourire, tu la trouvais si drôle et avec sa petite tête bien faite, bien régulière. Tu lui faisais plein de bisous !

Visite à Magali

2 mai 1984

A chaque instant de nos vies,  la sienne et la mienne, tu es présent. Nous sommes indivisibles.

Pour aujourd'hui j’aimerai, pourMagali, un beau signe qui lui donne confiance, ce serait un cadeau de toi, un merveilleux cadeau.

 

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Rangement

  : Ajouté le 23/4/2012 à 16:35

Mon Sébastien, hier j’ai attaqué le rangement de tes tiroirs de bureau. J’ai réussi à jeter des choses, tellesque tes demandes d’IUT, ta demande de stage à la centrale, où tu demandais « chimie Â» ou « essais Â», entre nous, ils auraient mieux fait de te mettre à la chimie, chez nous aux essais, tes maîtres de stages ont été des plus absents durant toute ta période et n’ont été d’aucune utilité entemps que guides ! Ceux qui t’ont le plus aidé n’avaient pas été nommés pour ça, ils étaient sympa, c’est tout. Bref, j’ai jeté ça, mais ton rapport destage, ton bac et ton DUT, je ne pourrai jamais ! Enfin je crois.

J’ai regardé à nouveau, et je n’ai pas jeté, la carte qui produit un chant de rossignol quand on l’ouvre (oui, oui, ça marche toujours !) et que tu as eu pour tes dix sept ansquand tu faisais le festival de Beaugency. Avec ce monsieur sur la photo avec toi, vous vous étiez bien amusé aux répétitions. Il y a deux ans, je l’ai rencontré à l’occasion du téléthon et je lui ai parlé de toi. Il m’a envoyé un couteau dans le cÅ“ur en disant qu’il ne se souvenait pas parce qu’il avait fait tellement de chose, j’ai eu envie de lui hurler dessus, je le déteste, c’est aussi fort que ça ! Par contre son épouse est adorable, depuis la maternelle, Magali et toi vous étiez respectivement en classe avec leur fille et leur fils, et elle, la maman donc, se souvient, et quand je marche avec elle, parfois elle me parle de toi, lui, je ne lui adresserai plus jamais la parole.

                            Festival 1999

Par contre souvent j’en vois unautre de cette époque-là, qui lui, n’oublie pas, et s’il ne parle pas de toi, je sais qu’il ne t’apas oublié. Son bébé de l’époque à 15 ans et fait 1m80, ce que la viecourre !

J’ai jeté les stylos qui ne marchaient plus, mais je n’ai pas réussi à me résoudre à jeter tes stylos-plume qui ont tant écrit de ta main. J’ai même remis une cartouche dans un, comme si…

Je sais que tu ne reviendras plus, mais je vis avec toi chaque jour, et je ne t’imagine pas du tout inerte.

Mon nouveau téléphone m’a fait un cadeau, je peux lui mettre une carte mini SD, alors j’ai mis celle de mon précédent téléphone où j’avais pris quelques photos dont des photos de photo de toi, seul ou avec Magali. La carte mise dans le nouveau téléphone ne m’en a sortie qu’une seule, ma préférée de toi, celle avec ton si beau sourire. Pas moyen de voir les autres. J’ai remis cette carte dans mon ancien téléphone, je l’ai branché sur l’ordinateur et j’ai déchargée tout ce qu’il y avait dessus. J’ai tout exploré, je n’ai pas trouvé où se cachait cette photo-là que j’avais depuis longtemps effacée. J’ai vidé tous les fichiers de cette carte et l’ai remise dans mon nouveau téléphone, et ben voilà, il n’y a que toi de nouveau au lieu de rien. Décidément l’informatique a vraiment des bugs sympathiques avec moi ! Merci la vie ! Merci toi pas inerte du tout!

                                              9 aout 2005

J’aime cette magie, même si pour certains ce ne sont que des bugs, je les trouve bien orientés.

Bientôt nous serons en mai monAnge, nous fêterons l’anniversaire de Mag, puis nous commémorerons ton entrée dans le monde d’après, nous serons réunis avec toi invisible, mais nous avons gardé notre lien fort, notre Famille, celle du cœur.

 

 

 

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Sully sur Loire 2012

  : Ajouté le 6/4/2012 à 17:06

Dimanche dernier, nous avons pris mon père avec nous, nous nous relayons mes sœurs et moi afin que son univers ne s’arrête pas trop vite aux murs de la maison de retraite. Je sais qu’il aime beaucoup Sully sur Loire, je ne sais pas s’il se souvient que Sébastien y habitait, mais ce qui est sûr qu’il avait envie de revoir cette petite ville et surtout son château.

J’ai mis mon appréhension dans ma poche, j’ai proposé cette balade, en prenant l’ultime chemin de Sébastien. Nous n’avons rien dit de cela à mon père, il se souvient que Sébastien est mort, mais je ne voulais pas le torturer d’avantage en lui en rappelant les circonstances.

Nous sommes passés devant son petit monument,   j’ai aperçu sa photo, les roses bleues et le delphinium entrain de repousser. Puis nous sommes allés nous garer sur le parking du château.

Câteau de Sully sur Loire mars 2012

Le froid nous glaçait un peu malgré ce début de printemps, mais le soleil était là. Nous nous sommes avancés dans le parc, et moi je t’ai imaginé, quand tu venais y courir. Tu passais sûrement par cette jolie passerelle en bois et tu courrais le long de ces allées du parc, loin des voitures et de toute pollution, envahi sans doute de rêve, chassant les réalités qui te blessaient.

Passerelle

Mon garçon formidable, comme j’aurai aimé t’y apercevoir dans ce parc, comme j’aurai aimé que ta vie soit plus longue et surtout plus heureuse !

Là où tu courrais

J’ai malgré tout trouvé plus de joie que de tristesse à marcher dans tes pas, à imaginer tes rêves et tes espoirs, être toi un instant, pour te faire revivre un peu, en chassant tes démons que tu n’as pas emmenés  j’en suis sure !

Ton merveilleux sourire a accompagné mes pas ce jour-là, et la tristesse ne m’a pas gagnée.

Merci d’avoir été mon fils, merci pour le bonheur d’être ta mère, et celle de Magali.

 

 

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